La justice française déchirée entre Bruel et Dieudonné
Mbala-Mbala est ce gros juif qui a agressé ou violé une trentaine de femmes, et qui continue à donner ses spectacles dégoûtants. Benguigui est ce comique qui fait rire toute la France en se moquant des nègres. Non, attendez !
Mbala est ce sale juif qui a chanté, non, euh... Benguigui est ce nègre qui, ah non, merde. On s’y perd, car il y a deux justices : l’une pour (on dira plutôt contre) Dieudonné, l’autre pour Bruel, puisque Dieudonné ne peut quasiment plus jouer, alors que Patrick n’a aucun arrêté sur le dos.
Certes, il n’a pas encore été jugé pour ses crimes (qu’il n’a pas commis). Mais alors que Dieudonné a été balayé par les médias mainstream le soir même de son sketch chez Fogiel, le 6 décembre 2003, jugé coupable par la socio-culture avant même d’avoir été jugé pour des propos pourtant protégés par la liberté d’expression, Patrick, lui, a pu continuer à chanter, grâce au soutien unanime des médias qui ont bloqué les rumeurs qui sourdaient sur son comportement. Merci en passant à Michel Drucker, le faiseur, et le réparateur, d’image...
En d’autres termes, si Dieudonné avait été juif et Patrick noir, les choses auraient été plus douces pour Dieudo, et nettement plus dures pour Patrick. Le juif Dieudo aurait continué à faire rire les gens, et le nègre Patrick aurait disparu de la criculation. On en conclut que la justice a un fort penchant sioniste (quelqu’un met le doigt sur un côté de la balance, toujours le même), ce qui n’en fait plus une justice, puisque, par définition, elle doit n’être ni sioniste ni antisioniste, pour ne prendre que cette qualification.
Ne perdons pas de temps à jouer les idiots, tout le monde sait de quoi il retourne. Cependant, quelque chose a changé, depuis 2014 et la condamnation de Dieudonné par Valls et le Conseil d’État, cette salle d’enregistrement des plaintes de l’oligarchie en général, et du lobby en particulier. Aujourd’hui, et cela explique selon nous le rebasculement de la justice vers Dieudonné, disons vers le centre, c’est le génocide à Gaza. Il n’y a pas d’autre raison fondamentale à ce rééquilibrage, qui demande de la force.
L’image d’Israël, corrélée à celle du lobby juif français (qui se réclame d’Israël, du moins de ses intérêts, ou de sa défense), s’est effondrée. Et de cette image provenait une bonne partie de l’autorité de ce lobby, pas seulement de sa corrélation avec la Banque. Tout tenait sur un postulat : on ne peut attaquer un juif, car le juif est une victime, si ce n’est éternelle, du moins depuis 1945.
Ce postulat qui tenait lieu d’intouchabilité s’est effrité au cours des décennies et des guerres d’Israël (1967, 1973, 2000, 2006), ou de sa colonisation ultraviolente de la Palestine (depuis 1948). Et depuis 2023, précisément le 8 octobre, tout s’est accéléré : la violence israélienne a éclaté au grand jour, se justifiant par les enlèvements du Hamas lors du 7 Octobre, mais avec une telle disproportion, que ça a pulvérisé son image de victime. La haine a tout fait foirer.
Et c’est là, la grande erreur israélienne : d’abord d’avoir presque organisé le 7 Octobre, sinon de n’avoir rien fait pour l’empêcher alors que la hiérarchie militaire ne pouvait pas ne pas être au courant, puis d’avoir lancé ses sept guerres (les ministres le disent eux-mêmes en parlant des « sept fronts », ce fameux chiffre biblique, les sept plaies, etc.) dans le cadre du Grand Israël.
Même chose pour les Américains après le 11 Septembre, et l’invasion soudaine de l’Afghanistan dans la foulée (un 7 octobre !), alors qu’on ne prépare pas une telle guerre en trois semaines. Tout était en plan. Naturellement, la réponse israélienne à la violence du Hamas sent la préparation en laboratoire. Pour quelques centaines de morts dus au Hamas (on retire les centaines de juifs mitraillés par les Israéliens eux-mêmes dans le cadre de la directive Hannibal), on comptera 100 000 morts à Gaza, et peut-être le double. Là encore, cent (ou mille) Palestiniens pour un juif, toujours ce délire biblique...
Pour en revenir à la France et à notre duo, c’est donc ce basculement de fond qui a tout changé. Les sionistes disent que l’antisémitisme ou l’antisionisme se sont sauvagement lâchés en France depuis trois ans, alors qu’il s’agit du rejet bien normal, humain, chrétien !, de la violence politique israélienne contre des civils, doublé du rejet du mensonge pro-israélien grossier et quotidien dans les médias.
Les Français n’aiment pas plus le génocide des juifs que le génocide des Palestiniens, c’est aussi simple que ça. La posture victimaire a vécu, et, par contrecoup, les agressions de Bruel, ce loup qui jouait au mouton, ne passent plus. La conjoncture a changé parce que la structure a bougé.
Cela ne signifie pas que Dieudonné va revenir en grâce et Patrick disparaître de la scène demain matin, mais les deux destins devraient se croiser, comme deux courbes : au fur et à mesure que l’étoile de Patrick s’éteindra, celle de Dieudonné s’illuminera. Pour nous, elle ne s’est jamais éteinte, mais nous n’avons pas la main sur l’interrupteur... Et puis, en croyant écraser le « cafard » Dieudonné, les agents du lobby sioniste ont produit une kyrielle de petits cafards. Akim Omiri est de ceux-là, les réseaux sociaux grouillent de dieudonnés, petits et grands, connus et inconnus. Il n’y a plus de cordon sanitaire.
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